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Le blog de voyages en France de Gérald Oziel.

Partez à la découverte de la nature et des paysages de France grâce à mes plus belles photographies...

Comment prendre de belles photos de paysage? 5 conseils pour progresser rapidement.

Un grand classique de la photographie de paysage: une passerelle invite le regard du spectateur à entrer dans la composition puis à circuler jusqu'à l'horizon. Photo: G. OZIEL. Copie interdite.

Un grand classique de la photographie de paysage: une passerelle invite le regard du spectateur à entrer dans la composition puis à circuler jusqu'à l'horizon. Photo: G. OZIEL. Copie interdite.

Les formidables progrès technologiques accomplis par les fabricants de matériels photo au cours des dernières décennies permettent aujourd'hui à n'importe qui de réaliser de jolies images sans trop se prendre la tête.

Vous souhaitez dépasser le stade de la "simple jolie photo" et débuter votre formation dans ce domaine passionnant? Voici mes 5 premiers conseils issus de trente années d'expérience dans le domaine.

 

Conseil N° 1: Soignez la composition de votre photo. 

Surtout si vous utilisez un objectif grand angle dont l'énorme champ visuel n'autorise aucune erreur de mise en scène. Pour commencer, entraînez vous à placer au premier plan de votre image un élément remarquable qui captera le regard du spectateur et l'invitera à circuler librement jusqu'à la ligne d'horizon. Une grosse pierre, des fleurs ou un morceau de bois échoué sur la plage constituent d'excellents points d'entrée.

Sur cette photo des marais de Sébastopol en Vendée, le point d'entrée est composé de quelques traces animales dans la vase.  Ambiance préhistorique assurée... Photo: G. OZIEL. Copie interdite.

Sur cette photo des marais de Sébastopol en Vendée, le point d'entrée est composé de quelques traces animales dans la vase. Ambiance préhistorique assurée... Photo: G. OZIEL. Copie interdite.

Avec un cadrage horizontal, évitez de placer ce point d'entrée en plein centre du viseur, c'est l' une des grandes "lois" de la composition picturale, également utilisée par les artistes peintres et maladroitement appelée "règle des tiers": une image semble plus harmonieuse si l'on évite de la scinder en deux parties égales avec les éléments qui la composent. Autrement dit, la ligne d'horizon ou le sujet principal ne doivent pas être placés en plein milieu du cadre. J'ai ajouté "maladroitement" car j'estime que la proportion 1/3-2/3 ne doit pas s'imposer comme la solution idéale, une proportion 1/5- 4/5 voire 1/6-5/6 fonctionne également très bien en paysage.

Photo: G. OZIEL. Reproduction interdite.

Photo: G. OZIEL. Reproduction interdite.

Pour autant, il ne s'agit là que de recommandations générales. Dans de nombreux cas, en fonction de la nature du sujet ou de l'inspiration artistique du moment, on peut très bien s'affranchir de ces principes généraux.

 

Conseil N° 2: Apprenez à maitriser la profondeur de champ.

Devant un magnifique paysage, les débutants se contentent de cadrer puis d'appuyer sur le déclencheur sans se soucier ni du diaphragme utilisé ni de l'endroit où ils effectuent la mise au point (que j'appellerai m.a.p). Pourtant, il s'agit là de deux variables à maitriser impérativement pour que la photo soit nette sur tout le champ.

Explications: C'est le diaphragme qui détermine l'importance de la profondeur de champ (que j'appellerai p.d.c.), c'est à dire la zone de netteté visible sur la photo. Plus le diaphragme est fermé, plus la p.d.c. est importante ( l'ouverture du diaphragme est symbolisée par un chiffre après la lettre f. par exemple f4 ou f16.) 

La p.d.c. se répartit de part et d'autre de la zone de m.a.p. mais de façon inégale: elle s'étend plus loin derrière que devant le point visé (on peut la calculer avec précision grâce à deux équations mathématiques dont je vous fais grâce ici).

Pour optimiser la répartition de la p.d.c. avec un objectif grand-angle et bénéficier d'une netteté totale, les photographes de paysages utilisent l'hyperfocale. Il s'agit d'une autre équation mathématique qui, en fonction de la taille du capteur, de la focale de l'objectif et du diaphragme utilisé, vous donne la distance de m.a.p. à sélectionner pour que l'image soit nette de la moitié de cette distance jusqu'à l'infini. Par exemple, avec un capteur APS, si vous utilisez un objectif de 20mm, avec un diaphragme de f11, votre distance hyperfocale est de 1,80 m. L'image sera alors parfaitement nette de 0,90m (1,80m divisé par 2 ) jusqu'à l'infini.

Dans le tableau ci-dessous, voici une série d'hyperfocales pour le capteur petit format (APS):  

    10mm  12mm  20mm  24mm  28mm  35mm
 f8  0,65m  0,90m  2,55m  3,60m  5m  7,50m
 f11  0,50m  0,65m  1,80m  2,60m  3,6m  5,60m

 

Vous trouvez cela trop compliqué? Voici une version simplifiée de cette hyperfocale: avec un objectif grand angle, pour disposer d'une zone de netteté allant de vos pieds jusqu'à l'horizon,  vous devrez effectuer la m.a.p. sur les premiers mètres devant vous et utiliser une ouverture entre f8 et f16.

Là, J'ai utilisé la technique de l'hyperfocale avec une focale de 10 mm, une ouverture f11 sur un capteur APS-C. J'ai effectué la m.a.p. à 0,50m et ma photo est nette de 0,25m jusqu'à l'infin, des brindilles à mes pieds jusqu'aux cymes pyrénéennes. Photo: G. OZIEL. Copie interdite.

Là, J'ai utilisé la technique de l'hyperfocale avec une focale de 10 mm, une ouverture f11 sur un capteur APS-C. J'ai effectué la m.a.p. à 0,50m et ma photo est nette de 0,25m jusqu'à l'infin, des brindilles à mes pieds jusqu'aux cymes pyrénéennes. Photo: G. OZIEL. Copie interdite.

Conseil N° 3: faites la chasse au flou. 

Aussi expérimenté soit-il, tout photographe est incapable d'immobiliser complètement son appareil au moment de la prise de vue ne serait-ce qu'à cause du petit mouvement de l'index sur le déclencheur. Si la lumière disponible est faible, cela peut entraîner un flou de bougé, en particulier avec une focale élevée. Alors, à quelle vitesse d'obturation minimale doit-on travailler pour éviter cela?

Sans stabilisateur intégré, on considère qu' il faut que cette vitesse minimale de déclenchement soit l'inverse du chiffre de la focale de l'objectif utilisé pour obtenir une image nette: par exemple, 1/400 ème de seconde pour un téléobjectif de 400mm ou1/50 éme de sec. pour un standard de 50 mm etc. L'apparition du stabilisateur sur les appareils nous a permis de gagner facilement 2 à 3 vitesses par rapport à ces recommandations, à condition toutefois de bien savoir tenir son matériel au moment du déclenchement.

Le Chaos de Nîmes-le-Vieux en Lozère. Photo: G. OZIEL. Copie interdite.

Le Chaos de Nîmes-le-Vieux en Lozère. Photo: G. OZIEL. Copie interdite.

Le problème, c'est qu'avec les objectifs grands angles, cette méthode pour déterminer la vitesse idéale ne fonctionne pas vraiment... Alors retenez simplement ceci: pour réaliser une photographie à main levée, avec une focale inférieure à 35 mm et un matériel stabilisé, ne descendez pas en dessous de 1/30 ème de sec. et 1/125 ème de sec. s'il est non stabilisé. Pour obtenir ces vitesses, n'hésitez pas à jouer sur le réglage iso de votre appareil, la majorité des capteurs actuels "encaisse" facilement du 800, voire 1600 iso sans altération des résultats.

Petite astuce: Pour éviter que le mouvement de l'index sur le déclencheur ne génère un flou de bougé, n'hésitez pas à utiliser le retardateur de 2 secondes.

La solution idéale est bien évidemment d'utiliser un trépied. Mais cela n'est pas toujours possible, notamment lorsque le volume et/ou le poids total de l'équipement photo dans le sac à dos doivent rester acceptables.

 

Conseil N° 4: Un grand soleil, un beau ciel dégagé? Restez chez vous et attendez qu'il pleuve...

Bon, je vous l'accorde, j'ai choisi un titre pour le moins surprenant. Ne m' écoutez pas, s'il fait beau et que le ciel est dégagé, allez vous promener, profitez du beau temps, mais n'espérez pas réaliser de photo spectaculaire. Un ciel pâle sans nuage sous une lumière puissante et contrastée, ça ne fera jamais une photo de concours. Comme en peinture, pour susciter l'intérêt des spectateurs, il faut privilégier les ciels tourmentés, les gros nuages d'orage et les lumières crépusculaires. Alors comme les pros, profitez de chacune de vos sorties pour repérer les meilleurs points de vues photographiques (vos futurs spots) puis attendez une météo favorable pour y revenir.

Ici, à eux seuls, les nuages assurent le spectacle... Souvenir mémorable d'un ciel de folie aux larges des Sables d'Olonne. Photo: G. OZIEL. Copie interdite.

Ici, à eux seuls, les nuages assurent le spectacle... Souvenir mémorable d'un ciel de folie aux larges des Sables d'Olonne. Photo: G. OZIEL. Copie interdite.

Conseil N° 5: trouvez vous un bon logiciel de post traitement.

Que ce soit pour rendre la photo conforme à ce que vous avez réellement observé au moment de la prise de vue ou, au contraire, pour jouer avec les réglages et donner libre cours à votre créativité, vous allez vite vous apercevoir que le logiciel de post-traitement est un outil indispensable.

Il existe un grand nombre de logiciels disponibles sur le marché et au moins autant de bons blogs pour vous les faire découvrir, alors mettez vous au travail.

Voici deux photos pour vous montrer tout l'intérêt du post-traitement. La première est brute de pomme (en JPEG + une légère compression pour la publication sur le blog) directement issue d'un reflex canon 70D avec un objectif 10-22mm. La deuxième a subit un post-traitement informatique. Je crois qu'il n'y a pas photo...  

Sans aucun post-traitement. Photo: G. OZIEL. Copie interdite.

Sans aucun post-traitement. Photo: G. OZIEL. Copie interdite.

Après post-traitement. Photo: G. OZIEL. Copie interdite.

Après post-traitement. Photo: G. OZIEL. Copie interdite.

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